Littérature
Policiers, Science-fiction, Fantasy
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Les cris de l'ange

Arras sous la menace de l'Ange Noir


  • Éditeur : Éditions Ravet-Anceau
  • Collection : Polars en Nord
  • Nombre de pages : 352

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Résumé
Extrait

Lundi 25 janvier 2010
La nuit avait été longue. L'hiver était rude, et les événements de la semaine écoulée n'avaient rien arrangé à son boulot. Pourtant, Franck Souper en avait l'habitude. Mais les derniers meurtres avaient été d'une cruauté barbare et épuisante. Après la disparition du tueur en série quelques jours plus tôt, la police avait installé des barrages routiers dans la région.Le légiste savait pertinemment que le meurtrier, à présent démasqué, reviendrait tôt ou tard pour finir ce qu'il avait commencé.Les cadavres s'étaient accumulés à l'IML2 de Lille et le travail était plus qu'éreintant. Ce corps découvert dans le jardin d'une petite maison campagnarde où il y avait eu de terribles instants d'horreurs. Franck avait pêché l'information à la source, et fait comparer l'ADN du squelette. Un jeune homme de 17 ans, disparu en hiver 1972. Laurent Lemaire. Le petit ami disparu de Sylvain Mernier, psychopathe recherché. Le corps avait été enterré durant presque quarante ans, et peut-être déplacé à une seule reprise, mais il n'en était pas certain. Les examens devaient continuer pour confirmer la thèse des enquêteurs et éclaircir certains points.
Jusqu'à ce jour, les corps de dix adolescents disparus entre 1984 et 1995 manquaient. Dix garçons de 17 ans évanouis dans la nature sans jamais réapparaître, à l'exception d'un cheveu de chacun d'eux retrouvé sur chacun des martyrs de l'Ange Noir, après 1995. Aujourd'hui, il manquait une victime au psychopathe. Kevin Obert, un jeune Arrageois qui s'en était tiré de justesse.À bord de sa petite voiture qui toussait encore dans le froid hivernal, Franck ressassait toutes ces informations. Le boulevard de la Liberté était bondé ce matin-là, il eut du mal à accéder au parking de l'institut médico-légal. Tremblant de froid face au vieux ventilateur de son tableau de bord incapable de réchauffer l'habitacle, il se gara à l'emplacement habituel et verrouilla les portes.
Sa longue veste noire oscillait sur ses jambes au rythme de ses pas pressés. Son crâne quelque peu dégarni le fit frissonner, tandis que sa crête colorée semblait avoir instantanément gelé. Il rejoignit la cage d'escalier et descendit au sous-sol. La morgue laissait un froid poignant dans ces couloirs silencieux. Une ambiance de glace, sous les bureaux et appartements de l'immeuble. Un calme reposant pour lui, stressant pour d'autres.
Quelque chose dans le couloir lui laissa un goût âpre lorsqu'il pénétra par la première porte d'accès. Une sensation de malaise. Le corps qu'il découvrit face contre terre dans une mare d'hémoglobine coagulée le certifia.Malgré l'absence d'arme de défense, il décida d'avancer pour presser le pouls de l'agent de sécurité.Les pulsations étaient introuvables au niveau du cou. À première vue, il avait été égorgé par la gauche. Souper inspira profondément, tétanisé. Il voyait des cadavres tous les jours, traversait des scènes de crime différentes les unes des autres, mais la froideur des lieux qu'il connaissait si bien amplifiait l'écœurement qu'il avait perdu depuis tant d'années, par habitude.
L'agent était mort. Il n'avait presque pas souffert.
Franck pensa tout de suite à son assistant et au stagiaire qui étaient restés après son départ vers 20 heures la veille.Les mains tremblantes, il écouta le lourd silence, seulement interrompu par les battements bruts de son cœur jusque dans ses artères carotides et cérébrales. Le souffle coupé, le légiste s'avança précautionneusement au-delà du gardien. De la lumière émanait de la pièce du fond, la salle d'autopsie principale, adjacente à la salle de coffrage. Le silence était toujours là, presque étouffant.Malgré le fait qu'il espérait ne pas découvrir l'horreur, Franck Souper savait pertinemment ce qu'il trouverait. Il poussa légèrement les portes battantes pour jeter un premier coup d'œil. Il y avait du sang sur le sol, qui avait coulé en une longue étendue rouge jusqu'au bureau du coin gauche. Mais il ne vit pas de corps. Il entra.L'odeur de la mort régnait en ces lieux, mais bien différemment que d'accoutumée.Tout tourna dans sa tête.